Gravelle en Mauricie : l’ours, la couleuvre et la vis perdue

Détails de l’itinéraire : 65 km, environ 800 m de D+, 56% non pavé

Destination cycliste et touristique surtout connue pour son fameux Parc de la Mauricie, la région offre aussi quelques tronçons de gravier, que j’ai été ravie de découvrir!

Cette journée s’annonçait splendide, sous un soleil radieux qui plombait déjà. La courte portion asphaltée du début était magnifique, légèrement vallonnée avec son bitume ultra lisse, sur fond de montagnes. J’étais presque déçue de quitter la route 159 pour bifurquer sur le chemin du Lac Fontaine… moi qui avais prévu une sortie gravelle!

Le changement de décor est assez brutal : en un claquement de doigts, les parois rocheuses laissent place à une canopée de feuillus très enveloppante, couplée à une route assez étroite et sinueuse. D’ailleurs, lumières avant et arrière sont absolument nécessaires ici, pour ne pas surprendre les véhicules (en grande majorité très respectueux). Et avec toutes les carrières de sable dans les environs, pas étonnant que le fond de la gravelle soit plutôt mou. Pour affronter ce terrain de type “gruau”, vaut mieux y aller de pneus de 45 mm et plus, et diminuer la pression dans ceux-ci pour plus de confort et de contrôle.

NDLR : vérifier l’état de ses cales de souliers avant de partir est aussi un must… si vous voulez éviter de devoir revisser la vis restante à chaque fois que vous déclippez votre pied de la pédale.

À ce petit stress est venu s’ajouter un face-à-face avec un gros nounours noir. Heureusement, il était pas mal plus farouche que moi, mais gardez en tête que le parcours est assez reculé et qu’il passe par plusieurs chemins de chalets dans le bois. Par conséquent, les ravitaillements se feront dans vos poches pour les 25 km suivants, puisque vous serez bien enfoncés dans la nature, alors soyez prévoyants!

Outre l’équilibre qui vacille parfois à cause de la texture granuleuse du sol, le défi majeur se situe à mi-parcours, lors d’une montée de 3,8 km, plus serrée en tournant sur le chemin du Lac du Jésuite. Quelques sections avec des pourcentages dans les deux chiffres solliciteront un peu plus le cardio — surtout lorsqu’une couleuvre décide de serpenter entre vos roues —, mais sinon, dans l’ensemble, le reste de l’itinéraire n’offre que de courtes ascensions permettant de relancer en s’amusant.

Tout en admirant le Lac du Jésuite, l’arrivée dans Sainte-Thècle est bienvenue, avec ses quelques options de ravitaillement. Le café Aux 5 sœurs est un incontournable dans le coin, pour ses délicieux lattés et ses morceaux de gâteau décadents.

La boulangerie Germain, située quelques centaines de mètres plus loin, vaut aussi le détour. Avec ses galettes à l’avoine (pour rester dans la thématique gruau) et leur cœur de confiture, je vous promets un retour dans le temps, vous rappelant les collations tant aimées à l’école primaire!

On m’a aussi glissé à l’oreille que le restaurant Tacos El Sombrero offrait une délicieuse cuisine mexicaine authentique, sur réservation seulement.

Bien repue et un sac de galettes avoine et fraises dans le sac à dos, on reprend la route pour se gâter d’une dernière section de 12 km de belle gravelle. La route étant plus près de la ville, cette fois, on alterne entre les combos champs + grange et forêt + petits vallons.

Après beaucoup de sable, un ours, une couleuvre et une cale qui aura miraculeusement tenu jusqu’au bout, le parcours se termine exactement là où il avait commencé : à la microbrasserie de Saint-Tite. Il ne reste alors qu’à troquer la gravelle pour une récompense houblonnée (ou non) et un généreux fish’n’chips.

Une fin de parcours un peu décalée…!

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