Parcours houblonné… tardif!

Détails de l’itinéraire : 77km, environ 500m de D+

Passé la mi-octobre, chaque fois que je sors rouler, je me demande toujours si c’est ma dernière sortie de la saison. Et plus les saisons passent, plus j’étire la sauce.

C’est donc sur la rive opposée que je suis allée mesurer ma résistance au froid un 4 novembre, en partance de mes Plaines favorites. Si la vitesse est souvent réduite lors de ces sorties tardives, bien équipé, il est possible de pédaler plusieurs dizaines de bornes et maintenant que je me suis procurée à peu près tout ce qui se fait sur le marché pour le cycliste-d’automne-qui-ne-veut-pas-accepter-que-l’hiver-approche, je suis prête à repousser mes limites kilométriques!

Direction chemin du Vire-Crêpes, suivi d’un arrêt à la crêperie-microbrasserie de Saint-Antoine-de-Tilly, Du côté de chez Swann, belle thématique, non? Que vous soyez amateurs de Proust ou non, vous retrouverez une atmosphère intemporelle et la richesse d’une expérience gustative lors de votre première bouchée de crêpe, adoucie par une délicieuse gorgée houblonnée… tellement que vous en perdrez vos mots. Exit les descriptions interminables!

Avec un mercure avoisinant les 2 degrés Celsius, tout est au ralenti, la nature et mon corps aussi; signe que l’hibernation est à nos portes. La traversée du pont de Québec m’apparaît un peu moins invitante avec quelques flaques d’eau givrées, couplées à un fort vent d’ouest. Heureusement que Galarneau ne se cache pas trop souvent et partage ses rayons.

Arrivée sur le chemin du Vire-crêpes, l’atmosphère est plutôt monochrome et je me sens nostalgique des fois où j’y suis passée tard durant les soirées caniculaires de l’été achevé. On y ressent quand même quelque chose de sain dans cette roue qui tourne; une maturité à accepter ce qui s’en vient et à en tirer profit. Certes, les champs sont au repos, mais pour mieux refleurir au printemps prochain… comme mes jambes, peut-être?

Dans ces rangs parallèles à la route 132, c’est carrément un autre monde qui s’ouvre aux cyclistes : la circulation est rare, les animaux sont présents et les odeurs, envoûtantes. Chaque saison a ses parfums spécifiques et c’est génial d’y rouler tôt, comme tard dans l’année, pour vivre toutes ces différences. En bifurquant sur la route de l’Église, le contraste est évident : on a retrouvé notre route à trois chiffres. L’accotement est large et le focus sur le clocher de Saint-Antoine-de-Tilly me fait accélérer. J’ai hâte d’arriver à mon arrêt gourmand.

Au quarante-et-unième kilomètre, nous y voilà enfin, et quel accueil : dehors, un feu de foyer et des couvertures sont au rendez-vous! Même si l’extérieur est plutôt accueillant, j’ai besoin d’un grade supérieur de chaleur et j’entre dans cette ancienne grange reconvertie en restaurant. J’y découvre un lieu rassembleur, rempli à craquer. Ça sent le bonheur à plein nez!

Pour cette première (mais assurément pas la dernière) fois chez Swann, j’ai dégusté une crêpe au sarrasin, garnie de pommes et de sucre d’érable, que j’ai mariée avec une dry stout légère dont le goût puissant de céréales s’agençait parfaitement avec le crunch des pépites d’érable.

La fameuse crêpe aux pommes...
Microbrasserie Du côte de chez Swann, à Saint-Antoine-de-Tilly.

Assise au bar, j’ai savouré mon plat en contemplant les employés à la tâche : tout sourire et aussi efficaces qu’une fourmilière. Malgré cet achalandage, on a quand même pris soin de répondre à mes questions. Les bières en fût sont faites à partir de recettes de chez Swann, mais sont brassées par leurs voisins romualdiens, l’Ironie du 13. Dans les projets futurs, les cuves seront sur places et y permettront le brassage de leurs bières nommées en référence à l’univers proustien.

Comme souvent quand je fais un arrêt gourmand, j’aurais aimé arrêter le temps et y passer toute la journée. J’ai repoussé un peu le moment où j’allais devoir affronter le froid pour le retour, mais la pensée de revenir vent de dos fut convaincante et j’ai réenfourché mon bolide.

Grelotant pour les quelques premiers kilomètres, je me suis tranquillement réchauffée et j’ai rejoint mon ambiance contemplative du matin, en longeant le St-Laurent. Le retour par la route 132, bien qu’elle soit plus achalandée que les rangs, l’est beaucoup moins une fois la période des pommes révolue.

Je me suis laissée porter jusqu’à la maison, en me demandant une fois de plus si c’était ma dernière « longue » sortie de 2023…

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